New York, 1963. Une nouvelle vague d'immigrants chinois déferle sur New York.
Sur quelques pâtés de maisons, ils vont chercher à prospérer en ouvrant divers commerces et ainsi développer une véritable ville dans la ville.
Mais pour faire fortune dans la Grosse Pomme il vous faudra être un fin négociateur...

header_chinatown_nf

Chinatown est sous-titré "l'art de négocier" et voilà qui résume à merveille ce formidable jeu... de négociation.

Fonctionnement du Jeu :
Le but du jeu est de récolter le maximum de dollars en construisant des commerces (salon de thé, restaurant ou blanchisserie) les plus étendus possible. En effet, plus un commerce est grand, plus il rapporte.
Ainsi un commerce s'étalant sur 4 cases rapportera plus que 2 commerces faisant chacun 2 cases.

tuiles

Problème, les cases en question (des terrains à construire) sont attribués au hasard en début de chaque tour. Par conséquent, comment faire pour s'agrandir sur des cases qui sont attribuées à votre adversaire ?
Et bien il va vous falloir le convaincre de vous le céder... Et pour cela tous les moyens sont bons : argent, échange de cases, échange de commerce, tout est possible !

cartes_2

Mon Avis :
Les joueurs ont une très grande liberté dans leurs échanges et c'est ce qui pourrait faire peur.
En fait le jeu est d'une grande simplicité d'autant qu'il est très facile d'estimer ce que peut rapporter tel commerce ou telle case à son adversaire ; tout est résumé dans un petit tableau fort bien fait.
Les règles quant à elles sont expliquées en 5 minutes !

La seule difficulté est d'avoir un minimum de bagou et d'être un fin négociateur...
Comme toujours dans ce genre de jeu, il faut vite prendre l'initiative de la vente et ne pas hésiter à lâcher quelques dollars pour convaincre.
Le jeu reste cependant plutôt gentil, comparé à des jeux comme Boursicocotte, dans la mesure où il n'y a pas possibilité de faire des promesses que l'on peut rompre ensuite. L'échange se fait sur l'instant et il peut être refusé. Il s'agit donc de trouver des propositions "gagnant / gagnant".

8185_1

Le jeu est très rapide et très fluide.
Il est à réserver cependant aux plus grands, car même si un enfant en comprendra le fonctionnement, il aura plus de mal a établir un échange qui lui permette de dégager un réel profit, sans être le dindon de la farce.

Jouable de 3 à 5, je conseille toutefois de ne pas jouer à moins de 4. En effet, les tuiles commerces et les cases de propriété étant attribuées au hasard, il arrive lorsque l'on joue à peu de se retrouver sans rien à échanger, ce qui est forcément frustrant.
Plus il y a de joueurs autour de la table, plus il y a de chance d'avoir quelque chose qui intéresse quelqu'un...

8184_1

Une mention spéciale pour les illustrations signées Mathieu Leyssenne déjà responsable de celles d'Animalia et Jamaica. Même si le plateau peut faire penser à première vue à une grille de bingo, il fourmille en fait de petits détails que l'on découvre au fil des parties.

A noter en fin, que Chinatown est la version francophone (éditée par la maison québecoise Filosofia) d'un jeu allemand sorti à la fin des années 90. Les deux éditions se valent, même si les illustrations de la version Filosofia sont plus réussies.
Seule autre différence : la version d'origine se déroulait dans les années 30 et non 60.

critique_chinatown

Liens et Téléchargement :
- Minisite officiel du jeu
- Règles du jeu en PDF
- Règles interactives
- Making of des illustrations
- Site officiel de Filosofia
- Site de l'illustrateur Mathieu Leyssenne