L’an de grâce 1289.
Le roi Philippe Le Bel décide de renforcer les défenses de son royaume et se lance dans la construction d’un château à Caylus.

Bientôt le petit bourg voir apparaître des maîtres d’œuvre en quête de prestige qui vont employer leurs ouvriers à récolter ressources et deniers nécessaires au chantier.

En quelques mois, le petit village se transforme en une ville bourdonnante d’activité où commerçant et artisans s’affairent à construire le plus édifice qui soit...

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Présentation :
Il est des jeux qu’il n’est plus la peine de présenter tant ils ont marqué leur époque. A l’image des Colons de Catane dans les années 90, Caylus à marqué le milieu des années 2000 tant par son originalité et que par sa capacité à résumer 10 ans de développement du jeu « à l’allemande ».

Caylus est LE jeu de développement et de gestion. A tel point qu’il a ouvert la voie à un nouveau genre de jeux plus cérébraux mais au thème fort comme Agricola.

C’est aussi un jeu qui impressionne de par son apparente complexité. Alors certes, on est bien loin de l’Âge de Pierre et il faudra au moins deux parties pour saisir tous les tenants et aboutissants des différents aspects du jeu, mais une fois pris en main Caylus s’avère être un jeu parfaitement huilé, très agréable à jouer et clairement addictif.

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Fonctionnement du Jeu :
Le but du jeu est de récolter le maximum de points de prestige en participant à la construction du château et au développement de la ville de Caylus.

En terme de jeu, cela consiste à :

  • Utiliser 3 ressources différentes pour construire une partie du château.
  • Utiliser un nombre variable de ressources pour construire un nouveau bâtiment qui sera posé le long de la route menant au chantier du château.
  • Obtenir une Faveur du Roi.

En marge de ces 3 éléments, des points bonus sont attribués en fin de partie pour les deniers et ressources qui n’auraient pas été utilisés par les joueurs.

La partie se déroule en une série de tours découpés en plusieurs phases :

  • Récolte des revenus : chaque joueur reçoit 2 deniers. Il est possible de récupérer plus d’argent en construisant certains bâtiments.
  • Pose des pions Ouvriers : chaque joueur, à tour de rôle, place l’un de ses ouvriers sur l’un des bâtiments de la route menant au chantier. Cela lui permettra d’obtenir certains avantages plus tard dans le tour.
    Exemple : le joueur qui pose 1 ouvrier dans le bosquet récupère 1 bois.
  • Activation des Bâtiments Spéciaux : en suivant l’ordre de la route chaque bâtiment spécial est activé. Ils donnent au joueur qui s’y trouve un pouvoir spécial comme récupérer des deniers supplémentaires ou changer l’ordre du tour.

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  • Déplacement du Prévôt : contre quelques deniers, les joueurs peuvent déplacer le prévôt. Ce pion va indiquer quels bâtiments « normaux » vont être activés durant ce tour.
    Il est donc possible d’empêcher ses adversaires de bénéficier des effets de certains de leurs bâtiments… l’occasion de faire de vrais coups d’enfoiré ! D’autant que la concertation entre les joueurs est autorisée…
  • Activation des Bâtiments Normaux : en suivant l’ordre de la route, chaque bâtiment normal est activé. . Ils donnent au joueur qui s’y trouve une ou plusieurs ressources, la possibilité de construire un nouveau bâtiment ou encore d’échanger des ressources contre des deniers etc.
    Tous les bâtiments qui se trouvent après le prévôt sont purement et simplement ignorés. Ceux qui y avaient posé leurs ouvriers les récupèrent sans compensation !
  • Construction du Château : les joueurs qui ont posé un ouvrier sur le chantier du château peuvent participer à sa construction. Ils payent 3 ressources et gagnent des points de prestige.

Une fois toutes ces phases réalisées, on fait avancer le pion appelé Bailli d’une à deux cases et on recommence un nouveau tour.

La partie se termine lorsque le Bailli a atteint une certaine case de la route ou à l’issue du 3ème décompte de la partie.

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Mon Avis :
Sous des apparences de jeu compliqué et tortueux, Caylus s’avère plus simple qu’il n’y paraît, du moins en ce qui concerne sa mécanique !
Lors du tour, on récolte de l’argent que l’on utilise pour placer ses ouvriers sur les différentes cases du plateau. Ceci fait, les cases sont activées pour recevoir ressources et avantages.

Ce qui complique la tâche se sont les nombreuses stratégies possibles et les différents niveaux de jeu.

A ce titre la construction des bâtiments s’avère être l’un des éléments les plus difficiles à appréhender. Ainsi, pour construire un bâtiment en pierre, il faudra d’abord construire un maçon. Pour construire les bâtiments les plus prestigieux, il faudra passer par 5 étapes différentes !

Dans le même esprit, les Faveurs du Roi paraissent superflues et pourtant ce sont elles qui permettent de donner un peu plus de souplesse au jeu procurant des deniers ou des ressources supplémentaires par exemple.

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Caylus n’est donc pas un jeu qui s’apprivoise dès le premier tour.
Même s’il ne faudra que 5 minutes pour être à l’aise avec le déroulement du tour, saisir l’implication de chaque action et évaluer les stratégies possibles demandera quelques parties. La courbe de progression d’apprentissage est donc conséquente.

Mais c’est justement cette dimension stratégique qui fait l’intérêt de Caylus, certains coups devant se préparer plusieurs tours à l’avance.

Caylus n’en est pas pour autant un jeu purement stratégique, il est aussi très tactique !
Dans la mesure où chaque bâtiment ne peut être utilisé que par un seul joueur, il arrivera souvent que l’on se retrouve sans pouvoir faire tout ce que l’on avait prévu. Que faire des ouvriers qu’il reste dans ce cas là ?

D'autant que la configuration du plateau peut changer énormément d'une partie à l'autre. Selon les stratégies des joueurs, il y aura plus ou moins de bâtiments, plus ou moins de ressources. Certaines parties verront apparaître plusieurs bâtiments de prestige, d'autres pas du tout.
Ce sont des éléments à intégrer dans sa stratégie et qui rendent les parties plus variées.

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Il est par ailleurs très interactif, ce qui est rare dans cette famille de jeux où l’on a tendance à jouer chacun de son côté.
Le déplacement du Prévôt, s’il est correctement joué (c’est-à-dire de façon agressive) peut donner lieu à d’âpres discussions. Il est par ailleurs fondamental de revoir en permanence sa stratégie en fonction des actions de ses adversaires.

Caylus est aussi un jeu dynamique. Malgré les 90 à 120 minutes moyennes qu’il faut pour venir à bout d’une partie, les tours s’enchaînent rapidement dans la mesure où chaque phase est courte.
Même la phase la plus longue (celle de la pose des ouvriers) reste rythmée car chacun ne peut poser qu’un ouvrier à la fois et que chacun est concerné par les actions de ses adversaires. Et il n’est pas rare de ressentir une certaine pression due à la crainte de se voir piquer par un autre, le bâtiment sur lequel on voulait absolument s’installer !

Par ailleurs, il présente le même niveau d’intérêt quel que soit le nombre de joueurs. Évidemment, plus il y aura de joueurs et plus les parties seront longues…

Mais Caylus n’est pas exempt de petits défauts, à commencer par son aspect visuel. Certains appelleront çà de l’austérité, moi je trouve çà juste fadasse. Certes les graphismes facilitent la lecture, mais quelle tristesse ! Les dessins simplistes et informatisés n’aident pas à se plonger dans le thème.
A cet effet, je conseille fortement d’acheter la version Deluxe aux graphismes médiévaux des plus réussis (voir ci-dessous) Elle coûte beaucoup plus cher (le double) mais quelle beauté ! Sans oublier les deniers en vrai métal que l’on prend un malin plaisir à égrener en attendant son tour…

Cover board

Comme tout jeu de cette catégorie, il n’est accessible qu’aux joueurs un peu habitués aux jeux de société nouvelle génération. Même si des joueurs « poids moyens » n’auront pas trop de mal à retrouver leur marque.
En revanche, il est déconseillé de jouer avec des joueurs de niveaux différents. Quelqu’un qui connaît bien le jeu risquant d’exploser ses adversaires découvrant Caylus !

Une dernière remarque sur la case de la Porte, un bâtiment spécial dont l'utilité n'est pas des plus faciles à appréhender ! Autant les autres bâtiments spéciaux révèlent tout de suite leur importance, autant celle-ci laisse dubitatif.... Elle permet de placer son ouvrier sur une case libre de son choix, après que tout le monde ait placé ses pions… Cela semble peu judicieux dans la mesure où on ne pourra se placer que sur les cases qui n'ont pas encore été prises et donc a priori les moins intéressantes.

La Porte révèle son intérêt avec une bonne compréhension et lecture du jeu. Pour les curieux, je vous invite à prendre connaissance de cet article qui donne plusieurs bonnes raisons de prendre la Porte...

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En un mot Caylus est LE jeu de stratégie / gestion à posséder si l’on est amateur du genre. Il vous occupera pendant des heures et saura vous échauffer nerfs et neurones.
Il n’est cependant à tenter que s’il l’on est un minimum habitué au genre tant les niveaux de jeux et les possibilités de stratégies sont nombreuses.

A noter que pour se faire la main, il existe une version carte nommée Caylus Magna Carta. Jouable de 2 à 4, elle constitue une bonne introduction au jeu version plateau, mais est loin d'en avoir tout l'intérêt.

critique
Résumé de la critique. Cliquez pour agrandir !

Liens et Téléchargement :
- règles du jeu en PDF
- FAQ pour Caylus
- Aide de jeu officielle
- Aide de jeu maison avec les visuels de Caylus Deluxe : caylus_aide
- Boutique pour acheter Caylus Deluxe et/ou les deniers en métal
- article sur Caylus Deluxe sur le site de l'illustrateur