En plein 18ème siècle, les puissances européennes cherchent à étendre leur puissance à travers le monde. Grâce à des cartes de plus en plus détaillées, elles montent des expéditions pour partir à la recherche de nouvelles richesses et de nouvelles alliances.
Mais la lutte est âpre et seuls les premiers arrivés pourront laisser leur empreinte sur ce monde en mutation...

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Présentation du jeu :
Endeavor, voilà un titre des plus bizarres... Ce mot, qu'il faut prononcer "ine-dé-veur" (cliquez ici pour entendre la prononciation correcte) signifie peine, effort ou se démener. Endeavor est aussi et surtout le nom du navire que commanda James Cook lors d'un tour de monde de 4 années au cours duquel il découvrit la Nouvelle Zélande et cartographia des milliers de kilomètres de côtes.

endboxC'est dans ce monde en formation et en constante évolution, qu'Endeavor vous propose d'embarquer à destination de l'Afrique, l'Océanie ou encore les Amériques... pour y asseoir la puissance de votre empire.
C'est en affrétant des navires, en créant des comptoirs et de puissantes forteresses que vous obtiendrez gloire et puissance, le tout grâce à un système de jeu particulièrement astucieux inspiré de grands classiques tels que Puerto Rico et surtout Goa.

Pour simuler les progressions de leur empire, les joueurs  possèdent un plateau individuel sur lequel figurent 4 pistes de Statut mesurant son niveau d'Industrie, de Culture, de Finances et de Politique.
A chaque fois qu'un joueur obtient un jeton ou une carte se trouvant sur le plateau de jeu, il fait progresser une ou plusieurs de ses pistes.
A mesure que les joueurs évoluent leurs pistes de Statut, ils pourront faire de nouvelles actions comme acheter des bâtiments plus puissants (industrie), obtenir plus de pions (culture) ou conserver plus de cartes en fin de tour (politique)

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 Fonctionnement du jeu :
La partie se joue en 7 tours au cours desquels les joueurs vont chercher à acquérir le plus de points de Gloire possible. Pour ce faire, ils devront augmenter leurs 4 pistes de Statut, prendre possession de villes et de routes commerciales et obtenir certaines cartes.

Chaque tour se compose de 3 phases de Préparation et d'une phase d'Actions.

1- Phases de Préparation :
Ces 3 phases peuvent être jouées à tour de rôle ou simultanément, au choix des joueurs.

- Construction : chaque joueur choisit un nouveau bâtiment en fonction de son niveau d'Industrie. Plus le niveau d'Industrie d'un joueur est élevé, plus les bâtiments auxquels il a accès sont intéressants.

Chaque bâtiment sera par la suite utilisé pour effectuer des actions comme récupérer des jetons ou de nouvelles cartes.

- Croissance : chaque joueur reçoit de nouveaux pions en fonction de son niveau de Culture. Plus le niveau de Culture est élevé, plus un joueur récupère de pions.
Les pions représentent les colons que le joueur utilisera pour activer ses bâtiments et effectuer ses actions.

- Salaires : chaque joueur reprend de ses bâtiments précédemment utilisés, les pions qui y étaient posés. Le nombre de pions ainsi récupérés dépend de son niveau de Finances.
Ceci permet de libérer des bâtiments qui pourront être utilisés à nouveau et de récupérer des pions supplémentaires qui pourront être affectés à d'autres actions.

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Phase d'Actions :
A tour de rôle, chaque joueur
 effectue une action. Pour ce faire, il pose l'un de ses pions sur l'un de ses bâtiments inoccupé.

Il existe 5 actions différentes :

- Payer : cette action est identique à la phase de Salaires (voir plus haut), elle permet de reprendre un pion précédemment posé sur un bâtiment.

- Occuper : cette action permet de poser un pion sur une ville inoccupée et de récupérer le jeton de commerce qui s'y trouve. Le jeton fait immédiatement augmenter la piste de Statut correspondante d'un niveau. Par ailleurs, une ville occupée fait gagner un point de Gloire en fin de partie.

- Affréter : cette action permet de poser un pion sur une ligne de fret et de récupérer le jeton de commerce qui s'y trouve. Une fois une ligne complétée (par un ou plusieurs joueurs) la zone dans laquelle elle se trouve est considérée comme "ouverte" et peut désormais être colonisée grâce à l'action Occuper.
Par ailleurs, le joueur majoritaire sur la ligne de fret se voit octroyer le titre de Gouverneur et obtient une carte spéciale, faisant augmenter certaines de ses pistes.

- Piocher : cette action permet de prendre la 1ère carte d'une région ouverte dans laquelle le joueur est présent. Ces cartes font augmenter les pistes du joueur de façon significative.

- Attaquer : cette action permet de reprendre à un adversaire une ville qu'il occupe. Le joueur ne reprend pas le jeton qui s'y trouvait mais cette action permet de prendre possession de routes commerciales apportant des points de Gloire supplémentaires en fin de partie.

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A noter que sur le plateau sont posés des jetons Bleus qui permettent de faire une action sans avoir à utiliser de bâtiment, ce qui a pour effet d'économiser ses bâtiments et ses pions.

Lorsqu'un joueur ne peut pas ou ne veut pas faire d'action, il passe définitivement. La phase se poursuit jusqu'à ce que tous les joueurs passent.
Juste avant d'entamer un nouveau tour de jeu, les joueurs vérifient leur niveau de Politique qui détermine le nombre de cartes qu'ils peuvent conserver. Les cartes excédentaires sont défaussées ou reposées sur le plateau.

La partie se termine à l'issue du 7ème tour de jeu.
Chacun calcule ses points de Gloire en fonction de l'avancée de ses pistes de Statut, des villes et routes qu'il contrôle et des cartes qu'il possède.
Le joueur ayant le plus grand nombre de points de Gloire, remporte la partie.

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Mon Avis :
Avec son plateau qui fourmille de cases et de jetons, ses sous plateaux pleins d'informations et sa règle très ouverte, Endeavor semble quelque peu compliqué. Mais çà n'est qu'une apparence.
Certes nous sommes là face à un vrai jeu de gestion qui offre nombre de possibilités et de stratégies, mais les règles sont extrêmement logiques et leur cohésion thématique aide à les mémoriser. Dès la première partie, on comprend ce que l'on fait, mais s'il se peut qu'on l'ait bien mal démarrée...

La grande complexité d'Endeavor vient du fait que c'est un jeu très ouvert qui laisse libre court aux joueurs quant à la façon de se développer. Si s'imposer une stratégie est important, déterminer laquelle est la meilleure est loin d'être chose aisée. Après de nombreuses parties j'en parviens encore à être surpris de gagner ou d'échouer.

Ceci est dû aux 96 jetons d'actions disposés de façon aléatoire sur le plateau de jeu et dont l'ordre d'acquisition va donc changer à chaque partie. Or, ce sont ces jetons (associés aux cartes) qui déterminent le rythme du jeu et la façon dont il va se développer... difficile donc de prédire à chaque partie ce qui va se passer. Aussi le jeu verse parfois plus dans l'opportunisme que dans le "grand stratège".
L'avantage, c'est qu'il est difficile de trouver une martingale et que le jeu dispose d'une très grande rejouabilité. Par ailleurs, tout ceci ne l'empêche pas d'être très équilibré, les scores des joueurs sont souvent assez proches les uns des autres.

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Endeavor n'est pas qu'un jeu de gestion, c'est aussi un jeu de placement et un jeu de conquête.
Un peu comme un état major déploierait ses troupes sur une carte, les joueurs doivent aussi penser à la façon dont ils vont placer leurs pions sur le plateau et s'en approprier l'espace toujours changeant. Ce sont les emplacement qu'ils choisiront qui détermineront les jetons qu'ils obtiendront mais aussi les villes et routes qui posséderont (une source de points de victoire)

Malgré son aspect conquête, les affrontements directs sont rares car très coûteux en pions. Par conséquent, les quelques attaques qui sont menées, le sont toujours pour rétablir un avantage ou asseoir sa présence dans une région plus que pour "pourrir" un adversaire.
Pour autant le jeu s'avère très interactif. Il y a possibilité de passer des alliances pour aller explorer une région, de bloquer un adversaire ou encore de céder un jeton pour pouvoir obtenir ce que l'on souhaite au coup suivant.
A ce titre le système des cartes esclavage est presque un jeu dans le jeu, une lutte entre ceux qui en ont plein et ceux qui peuvent y mettre un terme.

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Même s'il faut compter 90 minutes de jeu à 5 personnes, la partie reste rythmée car chacun ne peut faire qu'une petite action à son tour. On reste par ailleurs concerné par ce qui se passe durant le tour des autres car leurs actions ouvrent souvent des opportunités pour soi-même.

A noter que le jeu perd en tension à 3 joueurs, le plateau semble beaucoup trop grand. Je conseille donc d'utiliser la variante proposée par Ystari (voir Liens et Téléchargement)
A l'inverse, le jeu perd un peu en contrôle et en lisibilité à 5 joueurs. en effet, le score des adversaires est difficile à évaluer car il n'y a pas de piste de score et qu'il n'est pas facile de calculer de tête le score de ses adversaires... Il faudrait pour cela se pencher sur leur plateau individuel !

En bref, il n'est pas difficile de voir pourquoi Ystari a décidé de traduire ce jeu pour la France. Il a tout d'un jeu de cette maison d'édition : un mélange agréable de stratégie et d'opportunisme, une belle mécanique aux règles logiques, de nombreuses interactions sans réel affrontement direct et un jeu qui se renouvelle de partie en partie. Un jeu qui s'avère aussi très addictif.

Reste un thème aux relents de colonialisme avec lequel on peut ne pas être à l'aise...

critique

Liens et Téléchargement :
- La règle du jeu (format PDF)
- La variante à 2 et 3 joueurs (format PDF) :
Endeavor_2_et_3_joueurs
- Résumé des règles (format PDF) : endeavor_r_sum_
- Aide de jeu (format PDF) : endeavor_aide